LE COURAGE APRES 2013

 

De plus en plus de bruit juste pour couvrir l’ennui Les silences qui s’obstinent et qui obsèdent Tous ces trop-pleins de vie de moins en moins remplis C’est le blues du people connected   De plus en plus de friends, de moins en moins d’amis Je te twitter, je te smallworld, je te myspace De plus en plus en live, de moins en moins en vie Tu me meetic, tu me link’in, tu me face   On post des comments, mais au poste de commande Y’a plus que des avatars, des noms de code, des pseudos On a la life qui s’étale, on s’raconte, on s’invente On est comme Wallace… et Gros Mytho   Trop de tout, ça va finir par faire beaucoup Par ne plus avoir de goût, par ne plus tenir debout Trop pour rien, trop pour tenir entre nos mains Pour tenir lieu de lendemain Gavés de trop jusqu’à plus faim   212 chaînes satellite, 330 sur le câble J’passe mes journées à faire des zap et des clics Le développement de mon cerveau, de moins en moins durable Ca, c’est vraiment le bouquet… numérique   Les bad news qui fusent, les antennes qui diffusent Tout ce que je sais c’est à la TV que je le dois C’est pas que je veuille me trouver des excuses Mais pourquoi je lirais? Y’en a qui le font pour moi…   Le monde tenait qu’à un fil, maintenant qu’il est en wi-fi Qu’est-ce qui le retient d’aller tout droit dans le mur ? On simule, on x-boxe, on psp et on wii, On refait l’avenir pour fuir le futur   Trop de tout, ça va finir par faire beaucoup Par ne plus avoir de goût, par ne plus tenir debout Trop pour rien, trop pour tenir entre nos mains Pour tenir lieu de lendemain Gavés de trop jusqu’à plus faim   Trop de tout, trop de je, de tu, il, de nous Et tous ces trop mis bout-à-bout Au bout du compte, ça nous mène où ?

T’emploies toujours des mots que tu ne comprends pas Mais la seule chose qui compte, c’est ce que les autres croient   A en juger par tes revenus C’est sûr, tu es un bon parti Décapoté sur l’avenue Tu roules ton mépris   Tu te refais un look toutes les semaines Chaque détail est majeur, pas les filles que tu ramènes   Tu crois voguer à la surface Juste parce que tu as les fonds Et chaque jour que Wall Street fasse Tu mondialises tes relations   Mais au fond tu cherches quoi?     Faut qu’ça donne, que ça flashe Que tout le monde le sache Faut qu’ça rende, qu’ça en jette Que le monde se soumette   Faut qu’ça donne, qu’ ça se voie Qui tu es, ce que tu as Sous ton ciel de pacotille Plus tu flambes et plus tu brilles     Déjà revenu de tout sans être allé nulle part Grâce à ta poussière magique tu peux veiller très tard   Avec tes liasses de connaissances Tu as vraiment du crédit Alors tu peux étaler ta science A plein débit   Mais au fond tout ça pour quoi?   REF.   T’emploies toujours des mots qu’on ne comprend pas Mais la seule chose qui compte c’est que toi t’y croies Au fond c’est peut-être ça…

C’est pas pour faire de l’emballage, C’est pas encore un plan dragueur Juste devant toi faire l’ouvrage De mon cœur   Si t’as pas le temps, on fait reportage A un jour qui te semblera meilleur Si t’as pas le temps, je fais repassage Dans une heure   C’est pas que j’veuille te faire du tournage autour J’ai toujours détesté le faisage de cour J’me jette à l’eau, quitte à faire du ramage J’me jette à l’eau, puisque mes mots sont en (n)–age   REF.       Je vais pas te faire du chantage De vieilles chansons usées Je vais pas te faire du soulage A force de me répéter J’veux pas qu’tu fasses du sauvage Dès que tu me vois m’approcher Je vais pas te faire du tapage Ni te faire  du courage après   Et si je m’étais fait un grillage, Que maintenant mes chances étaient mortes ? Si tu me faisais un claquage De ta porte ?   Je prends le risque de ton tirage De révérence, mais tant pis Tout est question d’osage Dans la vie   C’est pas que je veuille faire du tournage autour du pot J’ai toujours assumé le disage des mots Mais là je sens qu’il va y avoir du corsage Mais là ça sent l’opération ramassage   REF. + ADD. J’vais pas te faire du collage Si tu m’demandes de m’éloigner Je vais juste faire du bouclage Avant de t’exaspérer Mais si tu as mon message Et que ça peut s’envisager Finis l’amitié, le potage, J’vais te faire du courage après (* Action de courir après quelque chose ou quelqu’un)

Quand j’aurai une plus belle maison, Quand j’aurai une plus grosse voiture Une plus grande télévision Je serai enfin prêt à enfin être heureux, c’est sûr   Quand j’aurai une plus belle femme, Quand j’aurai enfin les moyens De ne plus avoir d’états d’âme Mais des tas d’amours, je serai prêt pour le bonheur c’est certain     REF :      Je serai enfin prêt                   A commencer à vivre pour de vrai                   Enfin prêt                   A vivre au jour le jour tout court                   Je serai enfin prêt                   Quand enfin de plus rien je ne manquerai                   Enfin prêt                   Enfin, à peu près…     Quand j’aurai une belle carrière Aussi bien derrière que devant Que j’aurai assuré mes arrières, Alors je serai enfin mûr pour cueillir l’instant présent, évident   Si je fais bien mes calculs, Que je me concentre, que je m’applique Que je suis pas-à-pas la formule Je finirai bien par être heureux, c’est mathématique…   REF.   Bridge :   Quand j’aurai tout son contrôle Quand j’aurai trop pour en vouloir encore Quand le poids du temps sur mes épaules Me fera simplement espérer garder ce que j’ai, alors…

J’ai croisé Dieu samedi soir Il m’a dit t’as pas l’air bien, Faisons un tour au bar Raconte-moi tes chagrins   J’lui ai dit j’ai un problème Tu vois la fille là-bas? J’crois bien que j’l’aime Mais elle veut pas…   J’lui ai fait le coup des poèmes J’lui ai fait le coup des fleurs J’lui ai chanté la Bohême J’ai cité Mylène Farmer, J’ai appris tout Bruel par cœur     REF.       Elle disait «  j’sais pas, j’me demande et j’hésite J’ai l’impression que tout ça va trop vite J’m’interroge, j’ai des doutes, j’suis pas sûre J‘voudrais tant que notre amitié dure… »     J’ai dit Dieu qu’est-ce que j’dois faire Il m’a dit tu sais mon vieux Les nanas c’est l’enfer Et moi je ne suis que Dieu Il m’a dit essaye encore, ça finira par marcher J’ai dit d’accord, mais j’ai déjà tout essayé   J’lui ai fait le coup des larmes J’lui ai fait le coup de la panne aussi J’ai usé tout mon charme Et ma carte de crédit, j’ai pris des cours d’astrologie   REF.   Dieu s’est tourné vers le bar Il a commandé deux gin-fizz Il a dit c’est sans espoir Mec t’es pas dans la mouise Il m’a dit reste avec moi On sera bien tous les deux J’ai dit pourquoi pas Et j’ai épousé Dieu

Arrive une petite chanson qui se présente « Bonjour », dit-elle, « j’aime beaucoup ce que vous faites, Si je promets d’être discrète Et de faire tout ce qui vous chante, Ca vous dirait que je sois votre chanson pour 2 minutes 40 ? »   Je la regarde un peu perplexe, pas super excitante Mais vu que j’avais rien de mieux sous la main J’ai écouté son refrain Et j’ai dit « ok, ça me tente » ‘pis ça fait toujours bien d’aider une intermittente   Au début tout roule, la grande entente Elle fait pas de vagues, elle reste à sa place Elle a peut-être pas la grande classe, Mais elle est légère, rafraîchissante Ca change de mes autres chansons plutôt plombantes   Mais Madame prend ses aises, fait l’intéressante, La voilà qui se met à raconter ma vie, Je lui ai dit « On s’est pas bien compris, Arrête ou sinon, je te plante Bien avant la fin de tes 2 minutes 40 »   D’ailleurs à la longue, elle devient limite chiante A tourner en rond sur 2 accords et demi Ah… vous trouvez aussi ? Ok, je la balance séance tenante, Plus jamais je vous parlerai de ma chanson de 2 minutes 40

Quand on croit que tout est fini Qu’il est clair que tout s’obscurcit Que seul le doute se risque encore Que la lumière fonce dans le décor Ca finit toujours par tourner au printemps   Quand on croit que tout est perdu L’heure de la dernière heure venue Que même l’espoir désespère D’un jour voir renoncer l’hiver Ca finira bien par tourner au printemps     C’est comme un parfum qui traîne Un nouveau souffle dans nos veines Qui décourage toutes les détresses Un mur de possibles qui se dresse L’éternelle meilleure raison D’attendre que tournent les saisons Face à nous, pile devant, Je le sens, ça tourne au printemps     C’est comme les jours qui renaissent De leurs cendres, de leurs promesses La foi d’avoir une autre chance De meilleurs débuts qui s’élancent L’éternel meilleur moyen De chasser l’ombre qui revient Face à nous, pile devant Ce vent qui tourne, qui tourne au printemps     Quand tout ne tient plus qu’à des mots Que l’horizon nous tourne le dos Que l’aube se fane en crépuscule Que les couleurs pâlissent, reculent Ca finit toujours par tourner, sois patient Ca finira bien par tourner, forcément Ca finit toujours par tourner au printemps

J’veux pas parler trop fort, Y’en a peut-être qui écoutent Et ce que je vais dire, ça regarde que toi   Peut-être que j’ai tort, Que je fais fausse route Mais me taire, je sais pas…   J’pourrais te le dire du bout des yeux, Ces trucs qui m’ servent à voir que toi J’pourrais te parler de nous deux, Ce truc auquel il manque plus que toi     J’veux pas parler trop fort. Juste assez pour que tu m’entendes Mais que les autres, ils sachent pas   Que ces quelques accords, Cette minuscule offrande C’est du moi qui court vers toi   J’pourrais te le dire du bout des yeux Mais tu les croiseras peut-être même pas J’pourrais te parler de nous deux, Mais est-ce que tu nous reconnaîtras ?     Mais si ça te gêne ce que je viens de dire Je reprends mes mots, je les retire On versera du silence Là où j’avais mis des soupirs   Et si c’est pas encore assez, Si tu te sens pas débarrassée Si je prends encore trop de place Promis, je vais tout effacer…     J’veux pas parler trop fort, Peut-être que tu m’écoutes…

Je me retrouve souvent En nombre impair, En minorité devant Mes autres pairs Comme impair et manque Mais qui manque à personne Comme le roi des branques Qui brandit sa couronne   Je me fais doubler Par ceux qui font la paire Je me fais troubler Par ceux qui ont l’air De respirer à deux, De conjuguer leurs efforts Faut-il que je m’inspire d’eux Pour conjurer le sort ?   REF.                         Juste un impair Qui ne fait qu’en commettre Qui espère Qu’on le repère pour être Moins seul en bout de table Moins seul face au diable Moins vulnérable   Parti de presque rien En nombre impair Comment aller plus loin Et devenir hors pair ? Impair qui rime avec rien, Divisible que par lui-même Avec qui y’a pas moyen, Qui casse la moyenne   Chaque pile cherche sa face, Chaque ego son alter Alors on fait l’impasse Sur le nombre impair Impair mais qui prend l’eau, Qui fuit à grosses gouttes Qui fuit sans un seul mot Sans personne qui l’écoute   Puisque nos pas Vont tous de pair Puisque nos bras Veulent qu’on se serre Puisqu’on n’avance pas Solitaires

Elle se sentait mal dans son image Elle disait j’enlaidis de plus belle Elle alla trouver le marchand d’âge Combien me donnez-vous ? lui dit-elle Je vous en donne le double pour qu’on m’en donne la moitié Pour qu’on m’en donne moins, je pourrais tout donner Pour que les cœurs s’emballent Je veux bien vous les payer Pour être la reine du bal Celle qu’on n’ose pas remballer     REF.       Puisque tout peut s’acheter, L’éternité, Vous m’en mettrez deux de côté   Puisque tout est question de prix, Le paradis, Ca va si j’vous le paye à crédit ?     Elle se trouvait trop vieille pour pouvoir faire face Son miroir lui faisait la gueule Elle alla trouver le polisseur de glaces, Une fois polie elle serait moins seule On lui parle paix intérieure, mais il faut pas s’y fier C’est l’extérieur qui continue de dicter Elle se voulait triomphale, De l’éphémère délivrée Rester fatale, Fuir la fatalité     REF.     Elle se sentait mal dans son image Elle voulait midi, c’était vingt heures Elle alla trouver le marchand d’âge Mais le marchand n’était plus vendeur…

Quand l’amour était jeune, autant qu’il m’en souvienne L’amour était fun et gaulée comme une reine C’était sea, sex and sun, l’amour vivait d’eau fraîche L’amour était open, y’avait pas moins pimbêche L’amour était peace, c’était l’amour pas la guerre Pas toujours l’amour propre, parfois l’amour solitaire Mais avec le temps, l’amour a pris des rides Et des poignées d’amour, l’amour a pris du bide   Et depuis ce temps…   L’amour est une peste, une roulure galeuse L’amour nous déteste, cette crevure verruqueuse L’amour fait sa fière, l’amour se la joue Rambo L’amour est une vipère dans un corps de bimbo   Y’avait pas un con sur terre qui chantait pas l’amour Platonique ou pervers, à chacun son discours On se sentait moins seul, on avait le cœur en fête Y’en avait que pour sa gueule, l’amour a pris la grosse tête   L’amour n’avait pas de barrière, elle était no limit Elle abusait de la bière, s’empiffrait de merguez-frites Alors à force, c’est devenu un cageot L’amour avait beau faire, elle avait plus le mojo   Et depuis ce temps…   L’amour est une peste, une roulure galeuse L’amour nous déteste, cette crevure verruqueuse L’amour fait sa fière, l’amour se la joue Rambo L’amour est une vipère dans un corps de bimbo     C’est vrai que l’amour est une sacrée bombasse : Elle finit toujours par t’exploser en pleine face

 En un mot comme en cent, Mais commençant par quoi ? Te dire que j’me sens finissant, Que j’me sens fini sans toi     J’ai rassemblé ce que je ressens Et que j’ignore comment taire Je sais bien que je suis juste un des cent Parmi ceux qui cherchent à te plaire   Un des nombrables improbables à tes côtés Un parmi tant d’inexistants à t’écouter     Je suis qu’une ombre, tu vois, Juste un reflet qui ne tient que par ton éclat Je suis qu’une ombre, tu vois pas Comme je suis invisible dès que je ne brille plus de toi ?     En un mot que vers toi je tends, Jetant comme un sort A tous ceux que je laisse en blanc Et semblant toujours se taire à tort   Indéchiffrables vocables pourtant sensés Des mots qui disent tant mais trop distants pour t’emporter